SUDOUEST-EMPLOI, l'emploi près de chez vous

15.03.2010

Recul historique de l'emploi

Fermeture usine Sony

La fermeture de l'usine Sony (photo d. le déodic)

ÉCONOMIE. Malgré une révision à la hausse, les chiffres 2009 sont les pires de l'après-guerre

Le secteur marchand (hors fonction publique) a perdu 322 000 emplois l'an dernier, dont 66 000 au troisième trimestre et, si l'on peut dire, seulement 11 500 au quatrième, d'après les statistiques révisées de l'Insee.

Il y a deux façons de lire ces chiffres. La première, qui est la plus optimiste, est celle de Christine Lagarde. La ministre de l'Économie observe, à bon droit, que le rythme des destructions d'emploi, déjà en baisse au troisième trimestre, s'est sensiblement ralenti au quatrième. Les pertes enregistrées au troisième et surtout au quatrième trimestre sont sans commune mesure avec l'hémorragie constatée entre le début de l'automne 2008 et la fin du printemps 2009. Au surplus, le quatrième trimestre a été marqué par une reprise de l'emploi intérimaire, qui suivait une période d'effondrement sans précédent, mais qui peut être considérée comme un indice conjoncturel relativement encourageant.

Sombre tableau

Mais ces chiffres peuvent aussi appeler une deuxième interprétation, sensiblement plus noire. Car si l'on prend en considération l'ensemble de l'année, on constate que 2009 a été le plus sombre millésime de l'après-guerre sur ce plan. En l'espace de douze mois, le secteur marchand a perdu 1,8 % de ses effectifs. En 2003, précédente année de baisse des effectifs salariés, la France n'avait perdu que 40 000 emplois. Les dégâts ont été globalement huit fois plus importants l'an dernier. Le tableau peut encore s'assombrir si l'on examine de façon plus détaillée le bilan de certains secteurs. Dans l'industrie, le volume des postes détruits s'élève à 179 000, soit près de 5 % des effectifs.

Recul quasi général

À l'exception de l'énergie et du traitement des eaux, toutes les branches industrielles reculent : la fabrication de matériel de transport (automobile, naval aéronautique, etc.) perd 23 000 emplois, soit environ 7 % de ses ressources humaines. La métallurgie est sinistrée. La baisse des emplois dépasse largement les 5 % dans des secteurs à valeur ajoutée comme la fabrication de machines et de matériels informatiques. 50 000 emplois ont disparu dans la construction, qui avait été jusqu'à la mi-2008 un des grands moteurs de la croissance. Et, dans le tertiaire, si la finance et les hôtels-restaurants affichent un solde très légèrement excédentaire, le bilan est loin d'être aussi favorable partout.

Reste à savoir maintenant si la décélération de la détérioration de l'emploi observée au dernier trimestre peut laisser augurer d'un retour à la création de postes. Là encore, les indices peuvent paraître contradictoires. D'un côté, on remarque que les recettes de TVA, qui sont un bon indicateur conjoncturel, ont remonté en janvier, ce qui n'a pas empêché le creusement sur un an du déficit de l'État, plombé par l'augmentation des dépenses. Mais, d'un autre côté, l'augmentation significative des impayés bancaires est un signe sans équivoque de la fragilisation des nombreuses entreprises. Et, en tout état de cause, la production industrielle et l'investissement sont très loin d'avoir retrouvé leur niveau d'avant la crise. Et tant qu'ils n'auront pas fortement rebondi, la reprise risque de rester fragile et balbutiante.

Auteur : BERNARD BROUSTET

 Handicap : Une entreprise comme les autres - 14.10.2009 12:26
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