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18.01.2016

Quand une idée folle se transforme en métier

Quand une idée folle

Profession : youtuber et streamer

Quand une idée folle se transforme en métier

Professionnaliser sa passion ou même une lubie, un défi qui permet pourtant de donner du sens à son travail, d’être productif, de progresser... Et d’être heureux. « Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie », résumait même Confucius.

Jeffry Lucat en fait l’expérience chaque jour depuis près de deux ans. A 24 ans, il est président directeur général de l’Univers de Jeff, une société d’évènementiel pour enfants. Après des études dans la communication et une première expérience professionnelle dans la coiffure, il est revenu à son tout premier emploi : l’animation. Ce travail censé lui payer ses études lui a ouvert un bel horizon professionnel. « J’étais animateur en centre de loisirs et un père est venu me demander d’animer l’anniversaire de son fils en m’expliquant que le petit préférait m’avoir pour sa fête plutôt que d’aller au Parc Astérix ! » Les enfants ont adoré. Et lui aussi. A cette période, il renouvellera l’expérience à plusieurs reprises. Quelques années après, L’Univers de Jeff est né.

Une société qui emploie aujourd’hui neuf salariés et collabore avec des intermittents du spectacle et des autoentrepreneurs. Cette troupe d’animateurs et comédiens qui crée des spectacles et animations liés à la folie de Tim Burton, à la légende des pirates ou aux super héros intervient auprès des enfants lors de mariages, anniversaires, festivals, arbres de Noël de comités d’entreprises… « Un mois après la mise en ligne de notre site en mars 2014, nous étions complets pour l’été », explique Jeffry. S'il ne vit pas encore totalement de son travail, il vit sa passion au travail. « Je me mets à la place des enfants, je me demande ce que j’aurais aimé petit et je m’y mets à fond. » C’est ainsi qu’avec son équipe, ils embarquent les jeunes spectateurs dans de belles aventures en créant histoires, décors, maquillages et costumes.

« J’ai le sentiment d’avoir gagné du temps, témoigne-t-il, si j’avais continué mes études de communication, j’aurais juste un BTS alors qu’aujourd’hui, j’ai ma propre société. » Et parce qu’il aime ce qu’il fait, il apprend tous les jours. Avec plaisir. La couture, les décors, la gestion, les partenariats… « Aborder l’entreprise par l’envie, c’est beaucoup plus simple. »

Profession : youtuber et streamer

Même sentiment pour Jigmé Théaux, le youtuber bordelais aux 1 170 000 abonnés qui sévit sur les chaînes Les Clichés de Jigmé, les Carnets de Jigmé et sur Twitch, une plateforme de streaming dédiée aux jeux vidéo. "Si on m'avait dit au lycée que je serais capable de coder du html pour faire un site, je n'y aurais pas cru", s'étonne-t-il encore. Pourtant, cet ancien étudiant en LEA Anglais/Chinois, vendeur à l'Apple Store et largement autodidacte multiplie les compétences : outils informatiques, vidéo, mixage du son, comédie, écriture... "Contrairement à ce que j'ai ressenti durant ma scolarité, aujourd'hui quand j'apprends quelque chose, je l'utilise." Et à bon escient. Ce Bordelais de 26 ans est aujourd'hui youtuber et streamer. "Je n'imaginais pas que c'était possible", avance-t-il après 4 ans d'activité. Ce n'était pourtant pas son objectif professionnel -  il ignorait l'existence de ces métiers ! Initialement, il s'est intéressé à la vidéo sur internet pour réaliser son CV et se faire connaître, "je voulais m'éclater", reconnaît-il. Un mois après avoir lancé sa chaîne, il cumulait déjà 12 000 vues. Aujourd'hui, le compteur de ces deux chaînes en affiche près de 100 millions.

Des parcours qui prouvent qu’il est bon de laisser germer ses idées. Aussi improbables puissent-elles paraître…

Comment se lancer ?

« Il faut concrétiser ses idées, conseille Jeffry Lucat, car on ne revient pas en arrière." Il faut tout de même une sécurité, selon lui, à savoir un autre emploi à côté. Lui a toujours conservé son poste de directeur de centre de loisirs, quitte à cumuler les heures de travail. Pour Jigmé un seul conseil : "kiffe ce que tu fais, n'attends rien en retour et persévère, même si les résultats n'y sont pas. Quand on y croit, le business fonctionne."

Pour les moins téméraires, arriver à son projet par un bilan de compétences est une autre voie qui peut s’avérer être un bon choix. « Cela permet de réfléchir sur soi, de concrétiser son projet », explique Gessica Bouthé, psychologue du travail au Greta. Et cette démarche facilite l’accès à la formation.

www.universdejeff.com

www.lesclichesdejigme.com

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