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27.04.2015

Mécanicien aéronautique : un métier alliant précision et sang froid

Dans les hangars ou sur le tarmac, il est celui qui vérifie les avions, répare les pannes et garantit la sécurité de l’appareil. S’il est difficile aujourd’hui de trouver en France des postes pérennes de mécanicien aéronautique, l’intérim et l’étranger sont des pistes à surveiller.

«C’est un super métier fait d’autonomie, de responsabilités et de voyages ». C’est avec un peu de nostalgie que Philippe Doisneau évoque son métier. Il a été mécanicien aéronautique pendant près de 30 ans chez Air France avant d’intégrer l’Aérocampus, le centre de formation en maintenance aéronautique de Latresne, en tant que formateur. Son expérience et l’obtention des licences aéronautiques de type B1-1 (mécanique) et B2 (avionique et électrique) - le sésame pour autoriser la remise en service des appareils- lui ont permis d’effectuer la majeure partie de sa carrière en « line maintenance ». « J’étais sur la piste, je faisais les contrôles entre deux vols pour que l’avion puisse repartir le plus vite possible ». D’abord affecté à Taïwan et en Afrique du Sud - quatre ans à chaque fois - Philippe Doisneau a ensuite été envoyé dans différentes escales d’Air France dans le monde pour des missions ponctuelles, avant de terminer sa carrière en tant que chef d’équipe à Bordeaux. « Malgré les grands moments de solitude et le stress » face à une panne, il a apprécié de devoir gérer en autonomie l’entretien d’un avion. Un métier qui demande de l’expérience, du sérieux et du sang-froid, mais qui promet un bel avenir. « De moins en moins en France, reconnaît-il, mais à l’étranger, notamment au sein de  la compagnie Emirates en ce moment, c’est un profil recherché et c’est très rémunérateur. » Le métier de mécanicien en « line maintenance » est particulier car « il faut tout connaître » : réparer les sièges endommagés, la vidéo, faire le plein, rechercher des pannes et les gérer avec le stock de pièces à sa disposition. 

Des profils taillés pour l’industrie. Les titulaires du Bac pro, trop peu expérimentés pour accéder aux licences aéronautiques, pourront dans un premier temps travailler dans les hangars sur des grosses réparations, « dans des conditions plus faciles, mais avec moins d’autonomie », précise le formateur. Chez les constructeurs, dans des entreprises de maintenance comme chez Sabena Technics ou dans des sociétés de câblage aéronautique, des fabricants de pièces… « Tous les étudiants en mécanique aéronautique n’obtiennent pas les licences, prévient Philippe Doisneau, mais ils acquièrent la dextérité, savent appliquer des procédures, parlent anglais et possèdent une technicité. Ils pourront avoir un métier mécanique technique dans l’industrie ». Et c’est un domaine où les besoins en intérimaires sont importants. L’an prochain, l’ouverture d’une usine de maintenance dédiée aux avions d'affaires Falcon sur le site de Dassault à Mérignac générera une centaine de postes. Une belle perspective pour cette branche.

Se former. La formation en CAP et en Bac Pro en aéronautique se décline en trois spécialités : avionique (éléments électriques, électroniques, optiques et informatiques embarqués), structure (composants de l’ossature de l’appareil) et systèmes (systèmes mécaniques, électriques, hydrauliques, pneumatiques embarqués).Le bac pro a pour objectif l'insertion professionnelle mais, avec un bon dossier ou une mention à l'examen, une poursuite d'études est envisageable vers la mention complémentaire Aéronautique à option – indispensable pour obtenir les licences aéronautiques - ou le BTS Aéronautique. Le titulaire d’un BTS est amené à travailler dans des bureaux techniques. Plusieurs années d'expérience dans l'aéronautique permettent également aux adultes d'accéder à ces formations.

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