SUDOUEST-EMPLOI, l'emploi près de chez vous

29.06.2016

Les seniors ne veulent pas rester sur la touche

Seuls 40 % des plus de 55 ans ont un emploi dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

Seuls 40 % des plus de 55 ans ont un emploi dans la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Le constat paraît sans appel. Pourtant, les seniors possèdent l’expérience, les qualifications, le savoir-être et les capacités relationnelles qu’il peut manquer aux plus jeunes. Alors, si on se concentrait plutôt sur les compétences ?

Depuis un an, Chantal, 56 ans, multiplie les candidatures spontanées pour trouver un poste de secrétaire médicale. Fonction qu’elle a exercée pendant 20 ans. Elle a fait des tests de saisie informatique, proposé un stage en immersion et a même repris ses études pour obtenir le diplôme de secrétaire. Alors l’absence de réponses l’intrigue. Sans lui faire perdre son optimisme. «Je constate que les secrétaires ont toutes 20 ans de moins, même chose pour les autres candidates.» «En reprenant mes études, j’ai vu que j’avais des connaissances que les jeunes n’ont pas, je n’ai pas d’enfants à charge, je suis plus disponible», énumère-t-elle sur un ton léger. «J’ai du mal à dire à quel salaire je prétends, je ne sais pas me vendre», avoue-t-elle. Le plus gros handicap du demandeur d’emploi senior réside avant tout la perte de l’estime de soi. «Ce public arrive chargé de l’image véhiculée par l’opinion : «Je suis vieux, fatigué et plus apte», ils s’excusent presque de leur âge.», constate Marie-Joëlle Rineau, accompagnatrice socio-professionnelle à l’Association accueil information sud charente (AAISC) à Barbezieux (16). «Il faut changer le regard ; et commencer par changer le regard que l’on a sur soi», insiste-t-elle. Pour cette génération, l'emploi c’est forcément à vie, alors difficile de rebondir après 20 ou 30 ans de carrière.

Repérer les atouts et les compétences

Le chômage des seniors augmente plus vite - + 9 % l’an dernier, alors que la tendance est plutôt à la baisse dans la région –  et leur risque d’y rester longtemps est plus grand. L’agence langonnaise de Pôle Emploi a alors créé un club de chercheurs d’emploi dédié. Le but : les requinquer et booster leurs démarches. Durant 3 mois, une petite quinzaine de personnes se rencontrent toutes les semaines pour faire un travail de fond et bénéficier de la dynamique du groupe. « Nous commençons par repérer les atouts et compétences et surtout, nous préparons les réponses à certaines objections du recruteur », explique Anne Belkowiche, conseillère et animatrice du club. Le risque de fatigue ? «Je fais du sport toutes les semaines» ; la méconnaissance des nouvelles technologies ? «Je fais tous mes achats sur internet» ; prendre la place du patron ? «Je n’ai plus de plan de carrière, je veux juste transmettre mes connaissances.» Bilan du dernier club  : 6 CDD entre 5 et 12 mois et des projets de formation.

Revoir ses exigences à la baisse ou pas ?

Les secteurs qui aiment les seniors «sont ceux qui ont besoin de main d’œuvre», précise Benoit Meyer, directeur territorial de Pôle emploi Gironde. A savoir le nettoyage, la grande distribution, les services à la personne. «Ou les activités où l’âge devient un atout, comme la vente d’assurances ou de produits pour les personnes âgées.  Les postes de technico-commerciaux offrent aussi des débouchés à ceux qui ont une solide connaissance technique», ajoute-t-il. Mais les postes ou les conditions proposées ne font pas toujours rêver. «Certains restent braquer sur leur statut et leur salaire d’avant, d’autres font le choix d’accepter un travail au Smic. Ici, dans le sud Charente, il faut faire avec la réalité et voir ce qui est le mieux pour soi», avance Marie-Joëlle Rineau de l’AAISC. D’autres encore parient sur la formation.

«On est capable de faire autre chose»

Pôle emploi en a financé 4 700 formations en 2015 pour des plus de 50 ans. «C’est parfois dur de les convaincre, reconnaît Benoit Meyer, car ils sont sortis du système scolaire depuis longtemps et ont souvent un niveau bas.» Françoise, elle, s’y est remise. A 58 ans, cette dynamique aide à domicile a suivi des cours de remise à niveau en maths et en français pour pouvoir postuler en tant qu’auxiliaire de vie scolaire (AVS). «On se demande parfois ce qu’on fait là, mais ça m’a apporté car j’ai arrêté l’école tôt et j’adore apprendre. La formation revalorise, on constate que l’on est capable de faire autre chose.»

Chef d’entreprise pour finir en beauté

L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) reçoit de plus en plus de seniors et atteste que leurs créations d’entreprise sont réussies. «Ce sont des projets réfléchis, explique Jean-Marc Ewald, directeur régional de l’Adie, ils maîtrisent bien leur métier, ont des acquis, un carnet d’adresses... Et au niveau des outils techniques, ils sont autonomes, ils acquièrent assez facilement le marketing digital, notamment.» Et pour les personnes qui ont l’envie de gérer une entreprise, mais pas forcément l’idée, l’Adie leur propose d’intégrer des franchises.

www.adie.org

 

 

 

 
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