SUDOUEST-EMPLOI, l'emploi près de chez vous

22.06.2015

Le sport, un tremplin pour l'emploi

Créée par l’ancien basketteur professionnel Abdoulaye Ndiaye, l’Académie Younus (comprendre « You and Us », «Vous et Nous » en français) a pour objectif d’éduquer par le sport et d’insérer les jeunes dans la vie professionnelle. Une action que l’association développe depuis juillet 2012 auprès des jeunes des quartiers bordelais Le Grand Parc, Saint-Louis et Bacalan.

Depuis quelques mois, les dimanches au quartier du Grand Parc ne sont plus synonymes d’ennui pour les jeunes. Ils sont désormais une cinquantaine à se réunir au gymnase pour un futsal. Une démarche qui semble assez anodine, mais pour Abdoulaye Ndiaye, fondateur de l’Académie Younus, et son équipe, taper dans le ballon peut être un premier pas vers l’emploi. Un lien incongru qui définit pourtant toute la philosophie de cet ancien basketteur pro. « Le sport m’a aidé, reconnaît-il, j’ai grandi à Grigny (91), on était tous sur les terrains et on rêvait de Jordan… J’ai constaté que les jeunes qui ont une passion s’en sortent. »

Capter les jeunes. En 2012, il met en place son action Sport et Soutien scolaire : une offre de sorties et de sports pour les petits pendant les vacances scolaires contre un temps consacré aux devoirs. Une action destinée à mobiliser les jeunes qu’il étend ensuite aux plus grands. L’an dernier, il monte son programme Sport et Insertion, destiné aux 16-26 ans au chômage, qui conjugue entrainements sportifs, ateliers de remise à niveau en orthographe et de travail individuel sur son projet professionnel. « Quatre fois par semaine, les jeunes étaient entraînés par un coach sportif, ce qui nous permet de les connaître, de voir s’ils sont sérieux et de les accompagner », explique Abdoulaye. Trois jeunes ont trouvé un emploi à l’issue de ce programme : l’un est en CDI à la clinique Bordeaux Nord dans le service logistique, les deux autres ont été recrutés dans le cadre des contrats emploi d’avenir en tant qu’animateurs sportifs au sein de l’Académie et de la Fédération Française Sport pour Tous. « On les capte par le sport et ensuite on crée des passerelles avec les missions locales, Pôle Emploi, les formations… », se réjouit Abdoulaye. Il souhaite renouveler l’expérience cette année.
En contrat depuis octobre dernier, Youssoufa suit aujourd’hui une formation d’animateur sportif pour obtenir son certificat de qualification professionnelle. Il constate l’impact de cette association sur des jeunes du quartier et veut contribuer à son action. « Les petits n’y croient pas, nous on leur donne des exemples de jeunes du quartier qui ont réussi », dit-il fièrement. Par tous les moyens, l’Académie Younus cherche à occuper les jeunes par le sport et à nouer un lien. Cet été, il va renouveler l’animation Open Gym. Le gymnase sera ouvert tous les soirs pour la pratique de différents sports : basket, badminton, double dutch (saut à la corde)… Une action qui en 2014 a touché 200 jeunes, uniquement sur l’activité basket.
Plus d’infos sur www.academie-younus.com et sur la page Facebook Académie Younus.

Un projet économique éthique et solidaire. Ces résultats donnent envie à Abdoulaye d’aller plus loin. « Nous travaillons sur un projet économique de fabrication et de vente de vêtements dans le domaine du Sportwear, il s’agit d’intégrer les jeunes de l’association dans une formation et dans le projet. » Les recettes seraient reversées aux activités sociales (soutien scolaire, insertion professionnelle…). Une idée a été  inspirée par Muhammad Yunus, dont Abdoulaye Diaye a détourné le nom pour son association. Cet entrepreneur bangladais a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2006 pour avoir fondé, en 1976, la première institution de microcrédit, la Grameen Bank et il est à l’origine du social business. « Je veux donner une seconde chance aux gens », explique l’ancien basketteur. Une opération de crowfunding va être lancée par l’Académie pour financer le projet.

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