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05.10.2015

Le métier de Community Manager

Négligé par les entreprises qui n’ont pas toujours compris en quoi consistent ses fonctions, le community manager a pourtant un rôle essentiel dans la stratégie de communication d’une société : il est l’interface entre le consommateur et l’entreprise et veille à la bonne réputation numérique de cette dernière.

Quel est le premier réflexe d’un consommateur qui cherche à se renseigner sur une marque ou un produit ? Internet. Cela l’aide dans son acte d’achat et une page Facebook abandonnée, un site pas mis à jour, un compte twitter inexistant ou des mauvais avis vont avoir un impact très négatif sur l’économie de l’entreprise. 

Un métier de geek. Julie Monnot, jeune community manager indépendante formée à l’Iseg Bordeaux, milite pour une meilleure considération de ce poste : « Les entreprises pensent qu’il est superficiel, mais c’est une erreur car l’internaute a beaucoup d’influence. Il y a une méconnaissance de la stratégie de communication digitale par les patrons, cela reste trop abstrait. » En effet, seuls les grands groupes consacrent un budget pour ce poste, les autres préfèrent déléguer cette responsabilité à un stagiaire ou à une personne du service communication. Pourtant, ce poste requiert des compétences, nombreuses et précises : esprit d’analyse, curiosité, polyvalence – «  il faut être en mesure de faire de de la vidéo, des photos, écrire et avoir des connaissances en informatique », rappelle Julie Monnot -, goût du contact avec le client et réactivité. « Dans une situation de  gestion de crise, il faut pouvoir réagir dans l’heure », explique-t-elle. Et souvent en dehors des heures de travail, quand les consommateurs sont tranquillement installés chez eux derrière leurs tablettes. « C’est un métier de geek, il y a peu de répit et il faut se tenir informé très régulièrement sur le secteur. » En effet, selon l’enquête 2015 sur les community managers en France, réalisée par le blog du modérateur, même s’ils ont fait de longues études – 57% d’entre eux ont un bac +5  - 44 % des community managers ont suivi une ou plusieurs formation(s) depuis qu’ils sont en poste.

Relation de proximité entre entreprise et client. Julie Monnot se passionne pour ce métier qu’elle a découvert au cours de ses études. « J’aime cette relation de proximité entre l’entreprise et le consommateur, il y a de la transparence, ça change de la communication traditionnelle. » Installée à son compte depuis deux ans et demi, elle a notamment été la community manager d’une entreprise de menuiserie. Elle a élaboré la stratégie, conçu un blog, une chaine YouTube, une page Facebook, créé un tableau de bord éditorial, réalisé des interviews de professionnels du métier, formé les salariés afin qu’ils intègrent la dynamique. « Personne dans ce secteur n’avait encore fait ça. Il fallait trouver des idées pour rendre le site attractif et humaniser ce secteur.» Pour y parvenir, la community manager vérifie chaque jour ses mails, Facebook, Twitter, effectue une veille sur ses clients et son secteur, fait vivre son e-réputation en publiant photos, vidéos et textes sur des blogs et sur les réseaux sociaux et transmet les mails aux différents services. L’objectif final étant de collecter des avis positifs et, cerise sur le gâteau, de créer une communauté de consommateurs autour de l’entreprise qui la défendront en cas de crise. Le marketing devient collaboratif et la communication est déléguée aux clients eux-mêmes. « On a réussi quand on arrive à ce résultat », reconnaît Julie Monnot.

Si l’accès au métier n’est pas toujours évident puisque 34% des professionels en freelance recherchent actuellement un emploi (contre 23% en 2014), la formation au sein des écoles ou des entreprises est une voie à explorer.  

Plus d’informations sur le métier :

www.mycommunitymanager.fr

www.juliemonnot.fr

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