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17.11.2015

Le Handicap : un obstacle que les recruteurs surmontent doucement

Le taux de chômage des travailleurs handicapés s’élève à 20% et leur période d’inactivité dure en moyenne 21 mois. La semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées qui débute lundi 16 novembre, est l’occasion de rappeler que le handicap ne pénalise pas une entreprise et, en général, il n’est ni visible, ni lourd. En 2016, la formation est l’axe prioritaire de l’Agefiph (L'Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées) afin de booster leur employabilité. 

Ancienne ouvrière agricole, Dominique Chavrier a perdu l’usage de son bras, à la suite de quelques douleurs liées à ses tâches quotidiennes. Après une période d’inactivité mal vécue, elle a été reconnue travailleuse handicapée et a cherché à se reconvertir, soutenue par Cap Emploi, l’agence de placement pour les personnes handicapées. « Je m’intéressais aux personnes âgées, alors j’ai fait un stage dans une maison de retraite, ça m’a plu et ensuite, ils m’ont appelée pour effectuer des remplacements. » Depuis elle a signé un contrat de professionnalisation avec l’établissement Domaine Bardon Lagrange de Cadillac dans le cadre d’un CAP Agent de propreté et d’hygiène. « Ça m’a donné un second souffle, le travail est indispensable à ma vie. » 

L’Aquitaine sensible à l’alternance. Le cas de Dominique n’est pas rare car 9 handicaps sur 10 surviennent au cours de la vie et ils sont souvent liés aux tâches professionnelles. C’est pour cela que la formation s’impose. Les personnes handicapées doivent réapprendre un autre métier. « L’alternance est un bon dispositif car il embarque la qualification et le travail », estime Antoine Malézieux, délégué régional de l’Agefiph. Les entreprises aquitaines y sont sensibles car cette année 150 contrats ont été signés, soit une hausse de 24% en un an et de 46% sur les trois dernières années. Selon l’Agefiph, c’est également un moyen de « démystifier le handicap pour l’entreprise ». A la maison de l’emploi, Isabelle Massus qui chapeaute mardi prochain les 9èmes Rencontres Emploi Handicap (lire ci-dessous) confirme et insiste sur la nécessité de mettre en relation travailleurs handicapés et employeurs : « Adapter un poste ou faire une montée en compétences ce n’est rien par rapport à la certitude d’avoir trouvé la bonne personne. » 

Une tendance favorable. Si, comme tous les publics vulnérables, les travailleurs handicapés sont pénalisés par la conjoncture économique, l’Agefiph estime que la tendance reste positive. En France, 362 000 personnes handicapées ont été recrutées en 2012, contre 322 000 en 2009. En Aquitaine, le nombre d’établissements soumis à la contribution due par les entreprises qui ne respectent pas l'obligation d'emploi de travailleurs handicapés a diminué de 5% en 2014 et cette même année, 1 025 personnes ont pu rester dans leur entreprise grâce à des aménagements, soit une hausse de 8%. Pour Georges Stany, directeur du Geicq Ephad, qui a recruté Dominique, le retard des entreprises est surtout lié à un manque d’informations. « Ça leur paraît compliqué, elles imaginent qu’il va y avoir des délais, des démarches administratives… Mais non, ça ne prend pas plus de temps qu’un recrutement par Pôle Emploi. » La société Maison Johanès Boubée très impliquée sur le sujet puisque des accords en faveur de l’intégration des personnes handicapées y ont été signées dès 2012, a recruté un jeune homme déficient intellectuel au poste de préparateur de commandes et en tire surtout des bénéfices. « L’intégrer a été un projet d’équipe et ça permet à tous d’avoir un autre regard sur le handicap. Pour son poste, il a juste fallu rédiger ses tâches de manière précise et six mois après son embauche, il a une productivité comparable aux autres. S’interroger sur la pénibilité d’un poste est utile à tous les salariés… », relate Sandra Verdin, responsable des ressources humaines de la société. 

Créer son propre emploi. Et si malgré tout le marché de l’emploi ne s’ouvre pas aux personnes handicapées, rien ne les empêche de créer leur propre emploi. C’est ce qu’a fait Viviane Cerrato. Après avoir été dans la restauration, secrétaire-comptable et conductrice de car, elle a développé une hernie discale et ne supporte plus d’être assise. Lors de ses recherches, elle percevait les réticences des recruteurs face à son handicap. Intéressée par les abeilles, elle s’est alors lancée dans une formation de responsable d’exploitations agricoles et produit aujourd’hui son propre miel biologique. « J’ai eu des aides de l’Agefiph pour acheter l’équipement qui me permettrait de travailler, je suis suivie par eux pour mon activité. » Aujourd’hui, elle gère seule ses 105 ruches et souffre moins que lorsqu’elle était secrétaire. « J’ai créé mon propre travail », indique-t-elle fièrement.

9èmes Rencontres Emploi Handicap, Mardi 17 novembre de 9h à 17h au Hangar 14 à Bordeaux. Entrée libre.

Plus d’informations sur www.emploi-bordeaux.fr.

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