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01.06.2015

Le coworking, mode d’emploi

On les appelle tiers lieux, espace de coworking, centre de télétravail, espace de travail partagé… Il s’agit d’un concept qui réconcilie les indépendants en manque de relations de travail et les salariés qui souhaitent limiter leurs déplacements domicile-travail. Ce sont des espaces où l’on peut louer pour l’année à temps plein, à mi-temps, au mois, à la journée, un bureau isolé ou un poste dans un espace partagé. Et profiter des services, à savoir internet, téléphone, fax, imprimante, scanner, salle de réunion… Des pauses café avec les collègues pour ceux qui en manquent et moins de route un ou plusieurs jours par semaine pour les salariés, dont les entreprises acceptent le télétravail. En Aquitaine, la coopérative des Tiers-Lieux (coop.tierslieux.net) – structure qui impulse ce mode de travail délocalisé dans la région et accompagne les entreprises et les collectivités – en dénombre quarante-huit (trois en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne, trente-quatre en Gironde et quatre dans les Pyrénées Atlantiques et dans les Landes), parmi lesquels la Fontaine, la Fabrique des lieux, la Girafe, la Petite Boîte, la Ruche, le Social Club, L’escale Numérique, le Bocal, l’Amarrage…

Rompre l’isolement. Les indépendants ont rapidement adhéré au principe laissant sans regret leur bureau à la maison. Ils sont nombreux à graviter à Bordeaux entre le Node (bxno.de), Darwin (www.darwin-ecosysteme.fr), Coolworking (www.coolworking.fr)... leur ordinateur portable à la main toujours sur le même site ou en mode nomade au gré de leurs rendez-vous, des disponibilités dans les locaux, de l’ambiance qu’ils souhaitent trouver ou des collègues avec qui ils ont envie de passer la journée. A l’Asile (lasile-bordeaux.fr), site créé il y a cinq ans, graphistes, architecte, vidéastes, créateurs se partagent les 110 m2 du local situé au cœur de Bordeaux. Plus qu’un espace de travail partagé, les responsables de l’association qualifient le lieu de « réseau, identique à un club d’entreprise ». « On se trouve du boulot », acquiesce Henry, un des adhérents. Cet esprit collaboratif se retrouve dans la plupart des espaces de coworking. C’est une excellente manière pour les indépendants de tisser leur toile. D’autant que certains lieux sont axés sur des domaines particuliers : l’Asile ouvre ses portes aux créateurs de tout poil (un tailleur de pierre, une créatrice de mode et un peintre y ont élu domicile), Darwin touche à l’économie numérique, Sew&Laine (www.sewetlaine.com) est un laboratoire textile…

Le télétravail, une bonne solution qui peine à s’imposer. Une enquête réalisée en 2013 par le conseil régional d’Aquitaine révèle que 83% des 2 400 Aquitains ayant répondu souhaitent pratiquer le télétravail. 42% le pourraient effectivement. Si les entreprises n’ont aucun mal à pratiquer le « télétravail gris » - plus de la moitié des répondants travaille chez eux en dehors de leurs heures ; 35% travaillent le week-end chez eux et un répondant sur quatre pendant ses vacances - seuls 20% des répondants pratiquent le télétravail de manière officielle. « Dans les boites ultralibérales aux Etats-Unis, on voit cela, les salariés partagent des espaces de travail, il n’y a plus de bureau personnel, c’est une approche dans la confiance. En Europe, c’est différent, les managers ont besoin de voir ce que font leurs collaborateurs. Laisser leurs salariés travailler à l’extérieur, c’est perdre le contrôle. Les entreprises n’y voient pas toujours leur intérêt », explique Marie, assistante en ressources humaines. « On a contacté des DRH, mais c’est compliqué, les entreprises ont des réflexions sur les déplacements des salariés, mais le mieux, c’est encore le non-déplacement ! », confiait-t-on à la mairie de Saint-Médard-en-Jalles quelques mois après l’ouverture du Tiers-lieu Relais d’entreprises en octobre 2013.

En effet, les intérêts du télétravail à temps partiel – le temps plein isole trop le salarié de son équipe -  semblent évidents. Economie sur les locaux pour les entreprises, diminution des déplacements des salariés, meilleur équilibre vie privée et vie professionnelle. Les collectivités locales soutiennent cette démarche en créant les espaces de travail dans des zones stratégiques. Comme à Latresne, dans l’Entre-deux-Mers où la communauté de communes a constaté que 80 % des salariés prenaient la direction de Bordeaux Métropole pour se rendre à leur bureau. Le Conseil Régional alloue même une aide aux entreprises qui se lancent. Si la révolution est en marche, on attend encore que les entreprises montent dans le train.

Le Grand Ramdam des Tiers-Lieux les 4 et 5 juin à Latresne. Profitez du Grand Ramdam des Tiers-Lieux organisé à l’Aérocampus de Latresne jeudi et vendredi prochain pour vous renseigner sur les espaces de coworking, les nouveaux modes de travail… Comment travailler autrement dès l’école ? Mutualisation des ressources, dynamisation du tissu économique en milieu rural et péri-urbain, aide à la conciliation des temps de vie avec la mise en place de conciergerie, le futur du travail… Informations et inscriptions sur grandramdam.net

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