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20.05.2016

Kiné: « un métier de contact physique et psychologique »

Masseur-kinésithérapeute est une profession paramédicale reconnue au domaine de compétence vaste et varié

Masseur-kinésithérapeute est une profession paramédicale reconnue au domaine de compétence vaste et varié : de la pédiatrie à la gériatrie en passant par les sportifs de haut niveau, comme avec ici les rugbymen de l’UBB.

Il est présent avant et après le match, au bord du terrain pendant, au plus près des joueurs, et il est l’un des maillons incontournables de la vie du rugbyman : Il s’agit du masseur-kinésithérapeute. A l’Union Bordeaux Bègles, ils sont deux à s’occuper des pros : Loïc Arnoul et Jérôme Bertet.

Cette saison, Loïc a fait 35 matchs : strapps (bandages pour stabiliser les articulations), massages, participation à certains échauffements spécifiques avec les buteurs, etc. Grâce à son casque, il est aussi le relais entre joueurs, médecin et coach, pour passer des informations d’ordre médical mais aussi des indications de tactiques de jeu. Bref, une façon d’exercer son métier qui requiert engagement et passion.

Plus jeune, Loïc se rompt le ligament croisé aux deux genoux : opération à 17 ans et 19 ans et… kiné avec le Sarladais Jean-Louis Laborderie qui le soigne et lui fait découvrir son métier. Le jeune homme voulait être professeur d’EPS pour transmettre sa passion du rugby. Mais « ma vocation, c’était d’être kiné, de m’occuper de tout le monde, pas forcément de sportifs ».

Au final, carton plein pour Loïc qui s’occupe aussi bien des rugbymen de haut niveau de l’UBB, durant l’essentiel de son temps, que de personnes âgées qui ont des prothèses de hanche dans son cabinet à l’Orthopole ou dans le service orthopédique de la polyclinique Jean Villar à Bruges. Il enseigne aussi à l’Institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) de Bègles et forme des confrères qui veulent se spécialiser en kiné du sport.

Réconfort

La France compte environ 8000 kinésithérapeutes dont plus des deux tiers travaillent en libéral. Cette profession paramédicale reconnue par la Sécurité sociale permet l’accessibilité des soins au plus grand nombre. Les patients sont adressés au kiné par un médecin. « On soigne toutes les générations, et tous les niveaux socio-culturels. » Le domaine de compétence est très vaste : de la pédiatrie à la gériatrie, et de la traumatologie (fractures) à la neurologie (AVC), en passant par la kiné respiratoire, l’orthopédie (rééducation après des chirurgies), etc.

Selon la CPAM, une séance de kiné dure 30 minutes. « Mais moi, avec mes sportifs, cela peut durer 4 heures ! » Il y a le travail manuel : rétablir la bonne mobilité des articulations ; relâcher des zones contractées en maintenant une pression dessus (« trigger points »), etc., et toute la rééducation : exercices de renforcement, d’étirement et d’autonomisation. « Pour la personne âgée, le meilleur des médicaments, c’est la marche quotidienne. »

Pour exercer, le diplôme d’Etat de masseur-kinésithérapeute est exigé ; et le concours d’entrée aux écoles, très sélectif, se prépare avec un an en fac de médecine. S’ensuivent quatre ans à l’IFMK. Le Bac S avec mention est donc fortement recommandé.

« Mais avant tout, il faut aimer les gens, et que ce soit une passion, confie Noël. Quand on masse, on parle ; Il faut établir un lien. On est dans une société de plus en plus dure, qui s’individualise tellement ! Mais si on fait preuve de sympathie et d’empathie, qu’on écoute, les gens s’ouvrent. C’est un métier de contact physique et psychologique. Et à l’heure actuelle, qui a un contact qui soulage ? Qui prend dans les bras ? Qui, avec les mains, apporte du réconfort ? Les parents avec les enfants mais ensuite, c’est fini. »

« Darly Domvo, par exemple, c’est un garçon que j’adore à l’UBB. Il s’est refait mal à un genou : j’en n’ai pas dormi, parce qu’il souffre physiquement et mentalement. C’est difficile, mais c’est ponctuel. Le joueur de haut niveau est un monstre. Mes rugbymen sont des gens qui ont une intelligence corporelle hors norme. Ils sont capables d’exploiter mieux que quiconque l’ensemble de leurs capacités physiques. Mon poste est beaucoup plus facile que celui qui travaille avec des personnes en fin de vie ou confrontées à la maladie. »

Et de conclure : « La meilleure récompense, c’est le réconfort qu’on apporte aux gens. C’est le petit texto de remerciement de celui qui peut de nouveau faire son activité favorite. J’ai un collègue de 67 ans qui continue à travailler 48 heures par semaine, parce qu’il est passionné. Notre profession nous entretien ; elle donne sens à notre vie. »

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