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22.12.2014

Ingénieur hydraulique, un métier d’avenir

A l’heure du développement durable, mais aussi où il est crucial de mieux maîtriser les risques inondations, les ingénieurs hydrauliques seront de plus en plus recherchés dans le monde entier. Et, dans ce domaine, la France a un savoir-faire très apprécié.

« C’est un métier passionnant, à la fois technique et très enrichissant humainement », lance Carmen Argueyrolles. Cette jeune ingénieure conseil dans la gestion de l’eau  de 29 ans se dit épanouie dans son travail et dans son entreprise. Depuis 2010, elle est en poste au bureau d’études « eau et ville » de Safege, une filiale de Suez environnement. Safege compte 1 400 salariés dans le monde, dont 900 en France, et 70 (dont 50 ingénieurs) dans le grand Sud-Ouest, où elle a six implantations, à Bayonne, Toulouse, Agen, Saint-Médard-en-Jalles, Saintes et Niort. « Concepteur de solutions d’aménagement durable », ce spécialiste de l’ingénierie a cinq domaines d’activité : eau et infrastructures hydrauliques – environnement et déchets – aménagement urbain et transport – énergies et télécommunications – gouvernance et finances publiques. Créé en 1947 pour exporter ce savoir-faire français dans le monde entier, Safege est aujourd’hui une solide entreprise qui réalise 105 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Modéliser la gestion de l’eau sur 20-30 ans

A peine diplômée de l’Ecole nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg (Engees), Carmen Argueyrolles a trouvé du travail. Le métier d’ingénieur hydraulique est recherché. « Il y a des débouchés, surtout pour des jeunes qui ont la passion du métier, beaucoup d’envie. Nous recherchons des gens ouverts d’esprit, ayant une capacité à s’enrichir humainement », explique Raphaël Petit, directeur délégué de Safege dans le Sud-Ouest. « Ce qui me plaît dans mon métier, c’est l’ingénierie et le côté environnement », précise Carmen Argueyrolles.

Mais, concrètement, à quoi ressemble son quotidien d’ingénieur hydraulique ? « Je réfléchis notamment à la gestion des eaux usées sur 30 ans pour des organismes très différents, de petites villages de 200 habitants, comme de grandes collectivités, à l’image de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) ou encore des ports de pêche ». Mais, pas seulement. En réalité, les types de projets sont multiples : elle réalise également des schémas directeurs (guides sur 20-30 ans) pour aider les élus à mieux gérer la ressource en eau potable de demain ou encore mieux maîtriser les risques d’inondations. Cette mécanique des fluides est extrêmement complexe. « Nous réalisons des modèles pour comprendre comment l’eau circule et résoudre les problèmes hydrauliques », détaille-t-elle.

Un métier technique, mais aussi très « humain »

« Au quotidien, c’est très intéressant, car nous gérons le projet de A à Z. Et, nous sommes en relation directe avec les clients. C’est un métier très humain, de contact », met en avant  Carmen Argueyrolles. En poste depuis seulement quatre ans, cette ingénieure a eu la chance de participer à un projet de recherche pour l’agence de l’eau sur l’origine des bactéries dans les cours d’eau. Elle a également déjà été en mission à l’étranger, au Moyen-Orient. « Tout ceci permet de découvrir d’autres méthodes de travail. C’est enrichissant humainement », souligne-t-elle.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce métier d’ingénieur dans les métiers de l’eau est mixte. Quelles sont les compétences requises ?  « C’est un métier scientifique, mais très complet. Il faut une certaine logique et un vrai sens relationnel, avec les clients, tout en étant curieux, ouvert au monde », indique Carmen Argueyrolles. Côté salaire, comptez entre 26 et 30 000 euros bruts par an en début de carrière.

Un métier, qui recrute

Chaque année, la Safege engage environ 200 nouveaux collaborateurs dans le monde. « Ce qui ne veut pas dire 200 recrutements. Il y a aussi des mouvements », précise Raphaël Petit, directeur délégué dans le Sud-Ouest. En 2014, il a recruté huit personnes dans la région. « Nous avons aussi besoin de techniciens supérieurs (à bac + 2 et bac +3) », ajoute-t-il. Au service des territoires et des collectivités, l’entreprise attache aussi beaucoup d’importance à la personnalité, aux valeurs des candidats.  Et, visiblement elle leur rend bien leur engagement. « Nous sommes très attachés à faire grandir les gens », rappelle-t-il.

Comment devenir ingénieur hydraulique ?

Pour exercer le métier d’ingénieur hydraulique, de spécialiste de la mécanique des fluides, qui conçoit, réalise, optimise et entretient les réseaux d'approvisionnement en eau, il faut un diplôme d'ingénieur. Il existe des écoles comprenant des cursus spécialisés (hydraulique, sciences et techniques de l’eau, mécanique des fluides...) et des écoles plus généralistes. Parmi les écoles à cursus spécialisés, il y a l’Ecole nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg (Engees). « C’est une école à bac + 5 (on y rentre à bac+3) qui prépare bien au métier  et nous fait, par exemple, travailler sur des projets concrets en situation », loue Carmen Argueyrolles. Il y a aussi l’Ense3 de Grenoble et l’ENSEEIHT (École nationale supérieure d'électrotechnique, d'électronique, d'informatique, d'hydraulique et des télécommunications) de Toulouse.

Il est également possible de passer par une école spécialisée en génie civil ou génie mécanique (Ecole nationale supérieure des arts et métiers, Institut national des sciences appliquées de Lyon, Polytech Montpellier, Ecole des ponts ParisTech…), spécialisée dans le domaine des travaux publics et de l'aménagement (Ecole nationale des travaux publics de l’Etat), voire par une école généraliste, du type Centrale. Par ailleurs, à l’Université, vous pouvez aussi opter pour un master pro ou recherche spécialisés en mécanique des fluides, thermiques ou énergétiques.

Les employeurs potentiels sont nombreux : agences de l'eau, bureaux d'études spécialisés, grandes sociétés d'équipement (Compagnie du Bas Rhône et du Languedoc, Compagnie nationale du Rhône, Société du canal de Provence, Société d'aménagement des coteaux de Gascogne...), ports autonomes en estuaires, EDF, services déconcentrés de l’État, collectivités locales.

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