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09.02.2015

Focus sur le métier de programmeur

L’univers du jeu vidéo est trop rarement envisagé comme débouché professionnel. Pourtant ce secteur - au chiffre d’affaires de 2.565 milliards en 2014, en progression - est dynamique et créateur d’emplois. Les sociétés recherchent notamment des programmeurs. Un métier qui nécessite une maîtrise des techniques informatiques, des maths et de la physique, ainsi que passion et curiosité.

Jeune, Martial Bossard s’intéressait à la programmation des images de synthèse, aujourd’hui, il est celui grâce à qui les personnages de jeux vidéo se déplacent, agissent et interagissent avec les autres. Il est programmeur gameplay chez Asobo, studio de développement de jeux vidéo qu’il a fondé il y a 13 ans avec une douzaine d’autres salariés lorsque la société bordelaise Kalisto a sombré. Après un DESS de maths appliquées, il décroche un diplôme d’ingénieur et débute sa carrière chez Kalisto, société bordelaise. « J’ai appris mon métier sur le tas, car les formations n’existaient pas ». Avec son équipe, il est à l’origine de belles réussites comme le jeu Fuel créé en 2009. Il fait  évoluer les joueurs dans un environnement aussi étendu que la Belgique, « c’était un gros défi technique, il y a toujours des gens qui s’interrogent sur ce jeu ! »

Communication, curiosité et exigence. Son rôle est d’intégrer les données créées par les animateurs, graphistes et autres programmeurs. Des équipes qui peuvent aller d’une trentaine à une centaine de personnes durant 14 mois en moyenne. « La communication est primordiale dans ce métier, on est loin du programmeur est isolé derrière son écran, il faut être curieux et respecter le travail des autres pour réaliser des transitions lisses ». C’est également un métier très exigeant « dans lequel il ne faut pas hésiter à tout refaire, reconnaît Martial Bossard, il faut répondre aux attentes du joueur le plus naturellement possible, si le jeu n’est pas agréable pour lui, il faut se questionner ». Pour cela, la meilleure méthode reste l’observation des joueurs… et la pratique.

Chez Asobo, 40% des recrutements 2014 sont des programmeurs. Son profil est aujourd’hui très recherché. Quarante personnes ont été recrutées en 2014 par Asobo, dont 40% de programmeurs et les recrutements vont se poursuivre cette année, dans une moindre mesure puisqu’il s’agit de 7 postes. « C’est une compétence difficile à trouver, reconnaît Sophie Dosière, la responsable des ressources humaines de la société, car les écoles d’ingénieur sont très généralistes, le jeu vidéo est un peu le parent pauvre, alors qu’il y a beaucoup de débouchés ». Notamment à l’étranger, puisque la France qui était jusqu’en 2010, le deuxième pays producteur de jeux vidéo après les Etats-Unis, a tendance à reculer dans le classement. Si la passion du jeu vidéo est un plus sur le CV, les prérequis essentiels sont la curiosité et la technicité pour décrocher le poste dont le salaire oscille entre 27 000 € et 37 000 € annuels.

Une formation pointue. Plusieurs écoles de Bordeaux gravitent dans le monde du jeu vidéo : E.artSup, SUPimage, Lim’Art ou l’Ecole de Communication Visuelle (ECV) en font partie. Mais sur ce point, l’équipe d’Asobo insiste sur la technicité du métier de programmeur et la nécessité d’opter pour une formation pointue. L’école nationale supérieure de cognitique (néologisme créé à partir des mots « connaissance » et « automatique ») créée en 2009 - une des quatre écoles de l’institut polytechnique de Bordeaux - en est une. Cette discipline scientifique consiste à intégrer le facteur humain dans les nouvelles technologies et de concevoir des outils d'information intelligents. Cette formation accessible aux étudiants en bac + 2 profil scientifique dure trois ans et permet l’obtention d’un diplôme d’ingénieur de l’institut national polytechnique de Bordeaux - Ecole nationale supérieure de cognitique.

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