SUDOUEST-EMPLOI, l'emploi près de chez vous

01.02.2016

Faire du partage son business plan

Vous louez votre maison, votre voiture, vous roulez en Vcub ou en Citiz ? Sans le savoir vous contribuez au développement de l’économie collaborative. Ce nouveau modèle repose sur une communauté de particuliers, soutenu par l’essor du numérique et il répond à une logique de partage, de désintermédiation et de relocalisation. Une sorte de révolution industrielle qui serait liée à la crise de 2008 et qui voit des idées, des projets et des emplois éclore.

« En faisant une veille sur Twitter, on s’est aperçu que les gens pratiquaient le covoiturage, les achats groupés, le coworking… Nous avons eu envie de structurer tout ça. » Samuel Roumeau est un des connectors de Ouishare, une communauté créée il y a quatre ans, qui fait office d’incubateur de projets et de groupe de réflexion. « Nous connectons citoyens, activistes, entrepreneurs, institutions et nous les réunissons autour de l’innovation collaborative. » Les fondateurs de Ouishare ont perçu l’envie des citoyens de « mutualiser, de se retrouver autour du partage avec une recherche de services plus personnels et plus souples », a constaté Samuel Roumeau. Une définition de l’économie qui semble utopique. Pourtant, aujourd’hui on ne parle que de Blablacar, crowdfunding (financement collaboratif), couchsurfing (hébergement chez des particuliers), location de voitures ou prêts entre particuliers.

Activer sa communauté pour aller au ski

Avec ses 700 membres, la communauté Ouishare d’Aquitaine est dynamique. François Naud, Jérôme et Mathieu Verten ont eu l’occasion de collaborer sur un site de prévisions météo destiné aux amateurs de glisse. Ils ont eu envie d’aller plus loin, d’inciter les surfeurs à réduire leur empreinte environnementale en covoiturant. La plateforme collaborative co-rider.fr est née. « Nous avons voulu aider les gens à s’organiser et créer des relations autour d’une passion commune : la glisse », explique François Naud. Le principe est simple, les conducteurs qui partent pour une session ski, surf ou VTT publient une annonce en précisant la place disponible pour les passagers et le matériel. « Nous sommes le BlaBlaCar du surf ! » Leur entrée dans le monde de l’économie collaborative est un hasard, mais co-rider.fr répond aux critères, en ce qui concerne le volet social notamment puisque la première motivation de leurs clients est la possibilité de faire des rencontres, avant la réalisation d’économies.

Relocaliser l’emploi

De son côté, Mathieu Allouche souhaitait rapprocher les photographes et les entreprises. « Les banques d’images ne satisfont pas les professionnels car cela demande beaucoup de temps de recherches et ils ne trouvent pas toujours leur bonheur et en face, il y a des photographes ou des amateurs qui veulent travailler. Avec shoot4me, les pros exposent leurs demandes et les photographes leur fournissent les images. « Le photographe et le client se connaissent et se font confiance et cela permet notamment d’éviter d’envoyer des photographes parisiens sur le Bassin d’Arcachon…», explique Matthieu Allouche. La relocalisation de l’emploi est également un pilier de l’économie collaborative.

« L’économie collaborative bouleverse la manière de travailler, reconnaît Samuel Roumeau de Ouishare, il y a beaucoup de travailleurs indépendants, on ne raisonne plus en CDI. Ces structures créent des emplois directs et induits au sein des assurances, notamment, avec l’élaboration de nouvelles formules pour protéger les particuliers. »

Cette nouvelle forme de travail et d’économie semble sans limites et ouvre de belles perspectives aux porteurs de projets ou à ceux qui ont envie de mettre leurs compétences au services des autres.

L’économie collaborative sera au coeur du 32e atelier du Club Affaires Connexions mardi prochain à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Région Aquitaine (46 Rue Général de Larminat à Bordeaux), mardi à 19h. Infos sur cacgironde.fr

www.co-rider.fr

shoot4me.net

Et l’Ubérisation, une bonne chose ou pas ?

Si l’économie collaborative encourage les modèles vertueux, l’ubérisation, ce phénomène illustré par Airbnb et Uber ne se présente pas comme une troisième voie, mais plutôt un concurrent des modèles traditionnels que sont l’hôtel et les taxis. Qui, cette semaine, ont encore manifesté leur mécontentement et leur inquiétude. « L’ubérisation entraîne la destruction rapide d’un secteur par une start-up qu’elle concurrence de manière frontale, alors que l’économie collaborative explore d’autres domaines », précise Samuel Roumeau. En offrant un hébergement chez l’habitant et un mode de transport plus personnalisé, ces entreprises répondent tout de même à une nouvelle demande de particuliers basée sur le service et qui semble désormais dicter les nouvelles règles de l’économie.

 

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