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30.11.2015

Entreprendre autrement avec l'Economie Sociale et Solidaire

Le mois de l’économie sociale et solidaire touche à sa fin, mais il paraît essentiel de présenter cette nouvelle manière d’entreprendre. Elle répond au besoin de sens et de valeurs, recherchés par la jeune génération ou par des actifs désireux de donner une nouvelle direction à leur carrière. Créer une structure de l’économie sociale et solidaire (ESS) c’est considérer que sa finalité est l’impact social ou environnemental et non pas sa rentabilité économique. L’Aquitaine compte aujourd’hui plus de 12000 employeurs de l’ESS et 10, 9 % de l’emploi salarié.

"Un temps d'avance". Associations, sociétés coopératives d’intérêt collectif, coopératives, entreprises d’insertion, mais aussi SARL ou sociétés anonymes. Les structures juridiques sont variées, mais l’objectif reste le même : répondre à un besoin social. « Cet entreprenariat est force de changement de la société, il peut devenir une source de solutions », estime Benoit Bonello, directeur de la Maison pour rebondir, association qui crée des liens entre l’ESS et les entreprises classiques. Paul Richard est aujourd’hui coordinateur et administrateur de Loc’halle bio, une société coopérative d’intérêt collectif qui vend des produits locaux et bio en gros au marché d’intérêt national de Brienne, à Bordeaux. « L’idée est de rapprocher la consommation et la production locale, explique-t-il, grâce à un partenariat entre agriculteurs, magasins et collectivités ». Aujourd’hui, il vend la production de près de 70 agriculteurs qui travaillent jusqu’à 150 kilomètres autour de Bordeaux à des magasins de l’agglomération. « Cela crée de nouveaux débouchés pour les producteurs », explique Paul Richard. Mais selon lui, évoluer dans l’économie sociale et solidaire modifie entièrement l’approche et la démarche. « C’est militant et un peu déconnecté des considérations habituelles, nous avons une vision à long terme. Un temps d’avance. Nous réfléchissons, par exemple, à notre mode de livraison, comment supprimer les camions… » Et pour autant, cette approche ne nuit pas à la rentabilité économique puisque, créée il y a deux ans, Loc’Halles Bio compte déjà six salariés, alors qu’initialement Paul Richard ne misait que sur deux.

Préoccupations sociales et développement économique. « Il y a encore des préjugés », reconnaît Elise Depecker, directrice d’Atis, association qui accompagne les porteurs de projets. Pourtant, les idées pour répondre aux besoins environnementaux et sociaux ne manquent pas. Elle constate que les projets se multiplient, « il y a une vraie envie, de la part des jeunes, surtout, qui ont une vision optimiste, une démarche engagée. » C’est ainsi qu’ont fleuri La Recharge (la première épicerie sans emballages jetables), Le livre vert (entreprise qui revend les livres destinés à la poubelle), la Conciergerie solidaire, R2jeux.. Après un stage chez Amos (magasin de vêtements solidaires) dans le cadre de son Master management de l’économie sociale et solidaire, Ony Andrianandroso constate que les jouets d'occasion sont peu valorisés. A la sortie de ses études, elle planche sur son association R2jeux. Il y a deux mois, elle a ouvert sa boutique au 41 rue Saint-Joseph à Bordeaux et avec les deux salariés de l’association, elle y vend des jouets donnés par des particuliers, des structures de la petite enfance ou des magasins à des prix bas. Avec ses deux tonnes et demi de jouets récoltés, elle se dit satisfaite et envisage déjà la suite : changement de statut pour devenir une entreprise d’insertion, recrutements de personnes en difficulté et peut-être le développement du e-commerce. Si l’activité économique n’est pas la finalité de ces structures, cela ne les empêche pas d’avoir des perspectives.

Mettre un pied dans l'économie classique. Mais pour prendre plus d’ampleur et assurer leur pérennité, ces entités ont besoin de nouer des liens avec l’économie classique. C’est ce que s’applique à faire la Maison pour rebondir. «Nous conseillons les entreprises de l’économie classique dans leur démarche sociale et nous les mettons en relation avec des entreprises d’insertion ; ainsi, à Bordeaux, le groupe Suez Environnement va travailler avec l’entreprise d’insertion Les Compagnons bâtisseurs, pour l’installation des compteurs ». Des synergies essentielles pour « permettre au secteur de changer d’échelle et de se professionnaliser », souligne Benoit Bonello.

Contacts

Atis, Centre d’activité Les Echoppes, 156 Avenue Jean Jaurès, 33600 Pessac. Tél : 09 79 72 71 94. www.atis-asso.org

La Maison pour rebondir. bordeaux@maisonpourrebondir.fr

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