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25.10.2016

De l'asso au boulot

Dans un CV, les engagements associatifs sont généralement peu mis en valeur ou évoqués en quelques mots. Pourtant, ils en disent long sur une personne et peuvent être “traduits” en expérience. Et surtout faire la différence lors d’un entretien.

C’est le cheval de bataille d'Animafac, un réseau d’associations étudiantes. “Une étude sur les “Spécificités des associations de jeunes, dirigées par les jeunes», réalisée par Fanny Forgeau Zerbib et Catherine Lenzi Fauraz, sociologues au laboratoire Printemps du CNRS), a ainsi mis en avant dans ses conclusions que les associations étudiantes sont de véritables viviers de compétences ainsi que des espaces de formation, qui permettent d’acquérir des savoir-faire et savoir-être valorisables sur un CV, dans une lettre de motivation ou lors d’un entretien», défend la fédération. Pour aider les jeunes à faire ressortir leurs compétences, Animafac a même conçu un portfolio destiné à établir des passerelles entre les tâches associatives et les compétences professionnelles. Ainsi, on retrouve des missions associatives comme créer des partenariats, assurer la logistique ou le suivi d’un événement, coordonner une équipe… indispensable dans le monde professionnel. Si ce transfert de compétences sert à muscler le CV des jeunes diplômés qui débutent sur le marché du travail, il est aussi bénéfique aux actifs confirmés. Pour les blogueurs de Pro Bono, militants du bénévolat de compétences, la créativité, la collaboration, l’animation des équipes, l’efficacité dans des organisations floues et l’optimisation des moyens seraient même des facultés que l’on acquiert plus que dans certaines situations de travail classique.

«Qu'avez-vous de plus qu’un autre candidat ?»

Barbara Elgart, chargée d’insertion sociale et professionnelle à l’Agence paloise de services (APS), en est convaincue. «Je considère le bénévolat comme une expérience professionnelle, car certaines tâches demandent de solides capacités.» Elle a d’ailleurs suivi des profils qui ont trouvé un emploi grâce à leur engagement associatif. Comme cette Albanaise qui jouait le rôle de la traductrice pour diverses associations et qui a fini par être assermentée pour travailler au tribunal de grande instance. Pour Barbara Elgart, c’est cet aspect de la personnalité qui fera la différence lorsque l’employeur posera la question «Qu’avez-vous de plus qu’un autre candidat ?»

Et il ne faut pas s’arrêter au bénévolat. «Les passions, les loisirs ont aussi du sens et de l’importance : j’ai le cas d’une fan de natation qui apprend à nager à des enfants. Qu’est-ce que cela dit sur elle ? Elle est pédagogue, elle sait transmettre, on lui fait confiance…» Et la randonnée, ça fonctionne aussi ? «Cela signifie que l’on est résistant, que l’on supporte le froid ou la chaleur…» Ce n’est pas donné à tout le monde.

Si une passion n’amène pas forcément à l’emploi, elle peut en tout cas conduire à une formation, qui servira de tremplin. «Une mère de famille qui pensait ne pas avoir de qualifications a réalisé lors de nos entretiens qu’elle avait 80 % des compétences pour accéder à la formation d’assistant de vie aux familles. Elle a obtenu son diplôme», confie Barbara Elgart. Et dans une démarche de recherche d’emploi, cela valorise la personne, lui redonne confiance. Pour un membre de l’Avarap, association d’aide aux demandeurs d’emploi, toutes les expériences doivent être prises en compte, même scout ! Aller dénicher les compétences, où qu’elles soient, c’est la spécialité de Barbara. Passionné de cuisine, baby-sitter, mère de famille… «Cela valorise l’individu ; c’est la base pour assurer sa réussite.»

Plus d’informations sur www.lagorapourlemploi.frwww.avarap.asso.frwww.animafac.netwww.pro-bono.fr

 

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