SUDOUEST-EMPLOI, l'emploi près de chez vous

26.10.2015

Conducteur d'engins forestiers : des postes sont à pourvoir

Avec 60 milliards d’euros de chiffres d’affaires et 440 000 emplois répartis sur l’Aquitaine, la filière bois, structurée au sein du pôle de compétences Xylofutur est un secteur créateur de richesses. Ce serait une erreur de l’ignorer. Dans le domaine de l’abattage, il y a actuellement des postes à pourvoir aussi bien en conduite de machines qu’en bûcheronnage. Avec de nombreux départs à la retraite prévus, des postes sont à pourvoir.

Abattre des arbres en respectant un cahier des charges ne semble pas relever du défi, ni attirer les jeunes en quête d’un avenir professionnel stable. Pourtant, derrière le métier de conducteur d’abatteuse se cachent des notions d’informatique, d’hydraulique, de sylviculture, d’organisation, d’attention, de respect de la nature… Et tant d’autres que les stagiaires assimilent au cours de leur Brevet professionnel agricole (BPA) conduite d’engins forestiers. Formation dispensée uniquement au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) de Bazas pour les professionnels et financée par le Conseil Régional d’Aquitaine. 

Selon un cahier des charges transmis par le responsable de coupe et établi en fonction des besoins des entreprises (papèterie, scierie, fabricants de meubles…) le conducteur doit organiser son chantier (repérage des arbres à abattre, conditions de faisabilité, sécurité…), le gérer de manière autonome (programmer sa machine, respecter l’environnement, intervenir en tenant compte de la globalité du chantier…), entretenir sa machine (connaissances en mécanique, hydraulique…) et rendre compte de son travail auprès de ses supérieurs, les clients, les autres équipes… « Ce n’est pas un métier physique, explique Thierry Bougue qui a travaillé dans la forêt pendant 28 ans avant de devenir formateur au CFPPA de Bazas, mais c’est moralement qu’il faut tenir car pour rentabiliser la machine, il faut la conduire 10h, c’est éprouvant. Cette fonction demande également beaucoup d’attention aussi bien en termes de sécurité – les arbres dont 30 mètres de haut – qu’en termes de qualité – vérifier la grosseur des branches, faire attention aux nœuds si on travaille pour la menuiserie… » Dextérité, autonomie et goût de la liberté sont des prérequis. Au cours de sa carrière en tant que conducteur d’abatteuse, Thierry Bougue a particulièrement apprécié sa liberté. « On gère ses horaires, si on veut commencer à 4h du matin, on peut et une fois sur le chantier on est seul. »

Une formation ouverte à tous les professionnels

Les compétences nécessaires à ce poste s’acquièrent en sept mois, 90 % du temps de formation se déroulant sur le terrain, et permettent de trouver un poste. Très recherché actuellement : « Les entrepreneurs de travaux forestiers du Médoc ont cherché quelqu’un pendant un an ! », indique Caty Meyer. La formation est ouverte à tous. Elle attire les bûcherons qui cherchent un emploi moins physique, mais aussi des professionnels du commerce, des espaces verts, des anciens militaires… « 80 % des personnes que l’on forme n’ont rien à voir avec le bois », reconnaît la coordinatrice. Thierry Bougue prévient tout de même, « Il faut être à l’aise en informatique et avoir des connaissances en mécanique. » Les personnes qui souhaitent créer leur entreprise devront poursuivre leur formation par un bac, mais compte-tenu du prix des machines – 500 000 € - peu envisagent l’installation. Il est en revanche possible de muscler sa formation par une qualification qui correspond à trois mois de conduite sur des chantiers plus complexes : avec des cahiers des charges plus compliqués, aux abords des lignes électriques, des gares…

Si un conducteur débute avec le salaire minimum, il dispose généralement d’un téléphone et d’une voiture et peut évoluer en fonction de ses compétences et de son rendement. Dotés d’une bonne culture générale forestière, ces professionnels peuvent bifurquer en cours de carrière vers la sylviculture ou le débardage.

Plus d’informations sur www.bazas.educagri.fr

Bûcheron, un métier proche de la nature

Selon le CFPPA de Bazas, c’est le poste qui recrute le plus en ce moment. Pour la création d’une entreprise, il faudra opter pour la formation BP responsable de chantier forestier, une option fréquemment choisie car elle nécessite peu d’investissements. « Sur certains chantiers, il est impossible de faire intervenir des machines, détaille Caty Meyer, et les entreprises ont du mal à trouver des bûcherons. » Il est nécessaire d’être sportif, dynamique et d’aimer la liberté. Ainsi que les challenges face à un arbre à abattre qui fait vingt fois la taille du bûcheron. Les donneurs d’ordre sont les scieries, les papetiers et les fabricants de meubles.

A savoir tout de même, l’environnement de travail et le stress du métier de bûcheron en ont fait le pire métier l’an dernier, selon Le site américain de recherche d’emploi CareerCast… « On ne fait pas ce métier par dépit, commente Caty Meyer, il faut avoir le goût de l’effort. »

Retour en haut de la page